Machines électriques à courant alternatif : Tome II de Kostenko et Piotrovski
Les machines électriques à courant alternatif occupent une place fondamentale en électrotechnique. Alternateurs des centrales électriques, moteurs asynchrones entraînant des pompes ou des ventilateurs, moteurs synchrones utilisés dans certaines applications industrielles : derrière des usages très différents se retrouvent les mêmes principes d’électromagnétisme et de conversion d’énergie.
Le livre Machines électriques – Tome II : Machines à courant alternatif, de M. Kostenko et L. Piotrovski, constitue une référence historique particulièrement détaillée sur le sujet. L’édition française présentée ici est la troisième édition des Éditions Mir, publiée à Moscou en 1979 et traduite du russe. Les notices bibliographiques consultées indiquent un volume de 765 pages. Maktabati
L’intérêt de cet ouvrage ne tient pas seulement à son ancienneté ou à son caractère encyclopédique. Il aborde les principes physiques et électromécaniques qui restent indispensables pour comprendre les machines tournantes modernes.
Qu’est-ce qu’une machine électrique à courant alternatif ?
Une machine électrique à courant alternatif est un dispositif électromécanique dans lequel les phénomènes électriques et magnétiques permettent de convertir l’énergie. Dans un moteur, l’énergie électrique devient principalement énergie mécanique ; dans un générateur, la conversion s’effectue dans le sens inverse.
Une machine tournante comporte généralement deux ensembles fondamentaux :
- le stator, partie fixe ;
- le rotor, partie mobile.
À ceux-ci s’ajoutent les enroulements, le circuit magnétique, l’entrefer séparant stator et rotor, les éléments mécaniques comme l’arbre et les paliers ainsi que, suivant le type de machine, différents systèmes d’excitation ou de connexion électrique.
Cette architecture paraît relativement simple. Le fonctionnement réel fait cependant intervenir simultanément champs magnétiques, courants induits, forces électromagnétiques, pertes électriques et magnétiques, échauffement et contraintes mécaniques.
C’est précisément cette interaction entre phénomènes électriques et mécaniques qui rend l’étude des machines électriques aussi riche.
Le Tome II de Kostenko et Piotrovski : présentation
Machines électriques – Tome II : Machines à courant alternatif est attribué à M. Kostenko et L. Piotrovski. Une notice universitaire française confirme l’édition Mir de 1979, la troisième édition, ainsi que sa pagination de 765 pages. Maktabati
La version française est indiquée comme une traduction du russe ; le catalogue de la Faculté de technologie de l’Université de Sétif mentionne Ch. Bir parmi les contributeurs de cette édition. University Library Catalog
L’ouvrage est structuré autour des grandes familles de machines alternatives. Une présentation bibliographique du livre distingue notamment quatre parties : principes généraux, machines synchrones, machines asynchrones et machines à collecteur à courant alternatif. Mir Books
Cette organisation est intéressante pour l’étudiant : elle commence par les phénomènes communs avant de passer aux différentes technologies.
Les principes des machines électriques à courant alternatif
Pour comprendre une machine alternative, il faut commencer par le champ magnétique créé par ses enroulements.
Dans une machine triphasée classique, des courants alternatifs déphasés circulent dans les enroulements du stator. Leur disposition spatiale et leur déphasage temporel permettent de produire un champ magnétique tournant.
Ce concept constitue l’une des clés de l’électrotechnique.
La vitesse de ce champ dépend de la fréquence électrique et du nombre de pôles de la machine. Une écriture couramment utilisée est :
nₛ = 120 f / P
avec :
- nₛ : vitesse de synchronisme en tours par minute ;
- f : fréquence électrique en hertz ;
- P : nombre de pôles.
Ainsi, la fréquence d’alimentation et la construction électromagnétique de la machine déterminent directement la vitesse du champ tournant.
Cette vitesse de synchronisme permet ensuite de comprendre la différence essentielle entre machines synchrones et asynchrones.
Machine synchrone : principe et fonctionnement
Qu’est-ce qu’une machine synchrone ?
Une machine synchrone est une machine à courant alternatif dont le rotor tourne, en régime établi, en synchronisme avec le champ magnétique tournant du stator. Cette propriété la distingue de la machine asynchrone, pour laquelle une différence de vitesse est nécessaire au fonctionnement moteur ordinaire.
La machine synchrone peut fonctionner comme générateur ou comme moteur.
Sous forme de générateur, elle est communément appelée alternateur.
L’alternateur synchrone
Le principe de l’alternateur consiste à transformer une puissance mécanique en puissance électrique alternative.
Une source mécanique entraîne le rotor. Selon la conception de la machine, le champ magnétique rotorique interagit avec les enroulements statoriques de manière à produire une force électromotrice alternative.
La chaîne énergétique peut être résumée ainsi :
énergie mécanique → conversion électromagnétique → énergie électrique
C’est le principe qui explique l’importance historique et industrielle de la machine synchrone dans la production électrique.
Le moteur synchrone
La même famille de machines peut fonctionner dans le sens énergétique opposé.
Le moteur reçoit alors de l’énergie électrique et fournit une puissance mécanique sur son arbre :
énergie électrique → conversion électromagnétique → énergie mécanique
L’une de ses caractéristiques est le lien strict entre la vitesse de rotation en régime synchrone, la fréquence et le nombre de pôles.
Cette propriété est particulièrement utile lorsque la maîtrise de la vitesse est importante.
Machine asynchrone : le moteur d’induction
Qu’est-ce qu’une machine asynchrone ?
La machine asynchrone, également appelée machine d’induction, repose sur l’induction électromagnétique. En fonctionnement moteur, son rotor ne tourne pas exactement à la vitesse du champ magnétique statorique : cet écart de vitesse permet l’apparition des phénomènes induits nécessaires à la production du couple.
Cette différence conduit à une notion essentielle : le glissement.
On peut l’écrire :
s = (nₛ − n) / nₛ
où :
- s représente le glissement ;
- nₛ la vitesse de synchronisme ;
- n la vitesse mécanique du rotor.
Si le rotor atteignait exactement la vitesse du champ dans le fonctionnement moteur idéal considéré, la vitesse relative disparaîtrait, ce qui modifierait le mécanisme d’induction à l’origine du couple.
Le nom « asynchrone » prend donc tout son sens.
Machine synchrone et asynchrone : quelle différence ?
La distinction essentielle réside dans la relation entre la vitesse mécanique du rotor et celle du champ tournant.
| Caractéristique | Machine synchrone | Machine asynchrone |
|---|---|---|
| Vitesse du rotor | Égale à la vitesse synchrone en régime synchrone | Différente de la vitesse synchrone en fonctionnement moteur |
| Notion de glissement | Pas de glissement de vitesse en régime synchrone | Glissement indispensable au principe d’induction |
| Principe rotorique | Champ rotorique synchronisé avec le champ statorique | Courants rotoriques pouvant être induits par le champ |
| Usage classique | Alternateur ou moteur | Très couramment moteur |
| Appellation fréquente | Alternateur/moteur synchrone | Moteur d’induction |
Il ne faut cependant pas réduire le choix d’une machine à cette seule comparaison. La commande, le démarrage, le rendement, la maintenance, la puissance, la vitesse demandée et les contraintes du procédé jouent également un rôle.
Le stator et le rotor
Deux mots reviennent constamment dans Machines électriques : stator et rotor.
Le stator
Le stator constitue la partie immobile de la machine. Il comprend notamment le circuit magnétique statorique et les enroulements correspondants.
Dans une machine triphasée, la disposition des bobinages joue un rôle direct dans la formation du champ tournant.
La conception d’un bobinage ne consiste donc pas simplement à placer du cuivre dans des encoches. Le nombre de pôles, la répartition des conducteurs, le pas des enroulements et leur connexion influencent le comportement électromagnétique.
Le rotor
Le rotor est monté sur l’arbre de la machine.
Sa conception varie considérablement selon la technologie considérée. Dans les machines asynchrones, on rencontre notamment des rotors à cage et des rotors bobinés. Les machines synchrones utilisent d’autres architectures adaptées à la création du champ rotorique.
L’entrefer séparant stator et rotor est faible, mais son rôle électromagnétique est considérable.
Pourquoi les enroulements sont-ils si importants ?
Les enroulements des machines électriques déterminent en grande partie la distribution spatiale de la force magnétomotrice et les caractéristiques des tensions induites.
C’est un point parfois sous-estimé lorsqu’on découvre les machines électriques.
Il ne suffit pas de connaître la loi de Faraday ou le principe du champ tournant. Pour comprendre réellement la machine, il faut étudier la façon dont les conducteurs sont répartis autour du stator ou du rotor.
Des notions comme le pas d’enroulement, le facteur de distribution ou les harmoniques deviennent alors importantes. Les notices de l’édition anglaise de l’ouvrage référencent d’ailleurs explicitement les armature windings, le distribution factor, le pitch factor, le skew factor et les harmoniques spatiales parmi les sujets associés. Open Library
Force électromotrice et champ magnétique tournant
L’étude d’une machine à courant alternatif repose sur plusieurs phénomènes intimement liés.
Une variation du flux magnétique lié à un circuit peut provoquer une force électromotrice. Inversement, les courants présents dans les enroulements participent à la création des champs magnétiques de la machine.
Dans une machine réelle, ces phénomènes ne peuvent pas être étudiés indépendamment.
Le fonctionnement résulte notamment de l’interaction entre :
- la tension appliquée ou générée ;
- les courants des enroulements ;
- les flux magnétiques ;
- la fréquence ;
- la vitesse mécanique ;
- le couple électromagnétique ;
- la charge entraînée ou la puissance mécanique fournie.
C’est pourquoi l’analyse des machines électriques utilise à la fois des représentations physiques et des modèles électriques équivalents.
Les pertes dans une machine électrique
Aucune conversion d’énergie réelle n’est parfaite.
Une machine électrique présente différentes catégories de pertes, notamment des pertes Joule dans les conducteurs, des pertes associées au circuit magnétique ainsi que des pertes mécaniques liées, par exemple, aux frottements et à la ventilation.
On rencontre donc une chaîne énergétique du type :
puissance absorbée → pertes → puissance utile
Le rendement compare la puissance utile à la puissance absorbée.
L’analyse des pertes n’est pas un détail réservé à la conception. Elle permet de comprendre pourquoi une machine chauffe, pourquoi son rendement varie avec son point de fonctionnement et pourquoi le refroidissement constitue un aspect essentiel de la construction électromécanique.
Pourquoi étudier encore Kostenko et Piotrovski ?
Un manuel publié en 1979 peut sembler éloigné des entraînements électriques modernes pilotés par électronique de puissance.
Il faut distinguer deux choses.
Les technologies de commande ont énormément évolué. Les variateurs électroniques permettent aujourd’hui d’agir avec précision sur des paramètres qui étaient historiquement beaucoup plus difficiles à contrôler.
Les principes électromagnétiques fondamentaux, eux, restent indispensables : champ tournant, induction, vitesse de synchronisme, glissement, force électromotrice, couple, enroulements et fonctionnement synchrone ou asynchrone.
C’est là que l’ouvrage conserve un intérêt pédagogique.
Son édition anglaise figure d’ailleurs dans des catalogues bibliographiques internationaux sous le titre Electrical Machines, et WorldCat référence un volume II consacré aux Alternating Current Machines. WorldCat
À qui s’adresse Machines électriques Tome II ?
L’ouvrage intéressera surtout les lecteurs qui veulent aller au-delà d’une introduction superficielle aux moteurs électriques.
Il peut servir de référence à des étudiants en :
- électrotechnique ;
- génie électrique ;
- électromécanique ;
- maintenance industrielle ;
- automatisme et entraînements électriques ;
- ingénierie énergétique.
Il peut également intéresser les techniciens et ingénieurs qui souhaitent revenir aux fondements théoriques des machines tournantes.
Pour un débutant complet, certaines parties risquent toutefois d’être exigeantes. Une bonne maîtrise préalable des circuits électriques, du courant alternatif, des nombres complexes et des bases de l’électromagnétisme facilite nettement la lecture.
Comment étudier efficacement les machines électriques ?
Une erreur fréquente consiste à mémoriser les formules sans relier les grandeurs électriques aux phénomènes physiques.
Une approche plus efficace consiste à suivre la conversion d’énergie.
Prenons un moteur asynchrone. Il faut d’abord comprendre comment l’alimentation triphasée crée le champ tournant, puis pourquoi la différence de vitesse entre ce champ et le rotor produit des phénomènes d’induction. On peut ensuite étudier le couple, le glissement, les pertes et enfin les caractéristiques mécaniques.
Pour une machine synchrone, la logique change : on commence par la création des champs statorique et rotorique, puis par leur synchronisation et leur interaction.
Les schémas équivalents deviennent beaucoup plus faciles à comprendre une fois cette représentation physique acquise.
Une méthode de travail simple
Pour chaque machine, essayez de répondre successivement à cinq questions :
- Où se trouve le stator et comment est-il bobiné ?
- Comment le champ magnétique principal est-il créé ?
- Que se passe-t-il dans le rotor ?
- Comment apparaît le couple électromagnétique ?
- Où sont les principales pertes d’énergie ?
Cette méthode évite de transformer l’électrotechnique en collection de formules isolées.
Les erreurs courantes à éviter
La première confusion consiste à considérer « alternatif » et « asynchrone » comme synonymes. Une machine synchrone fonctionne elle aussi avec des grandeurs alternatives côté statorique.
Deuxième erreur : confondre vitesse du rotor et vitesse du champ tournant. Elles sont liées, mais leur relation dépend précisément du type de machine.
Troisième piège : apprendre la formule du glissement sans comprendre sa signification physique. Le glissement mesure un écart relatif de vitesse ; dans une machine d’induction, cet écart est directement lié aux phénomènes électromagnétiques rotoriques.
Enfin, il est risqué d’étudier uniquement le régime idéal. Les pertes, l’échauffement, la saturation magnétique et les phénomènes harmoniques font partie du comportement réel d’une machine.
Machines électriques classiques et entraînements modernes
L’électronique de puissance a profondément modifié l’utilisation des moteurs électriques.
Historiquement, la fréquence du réseau imposait une contrainte forte sur la vitesse des machines alternatives. Les variateurs permettent désormais de fournir au moteur une alimentation dont certaines caractéristiques, notamment la fréquence et la tension, peuvent être commandées.
Cela n’annule pas la théorie classique. Au contraire, la commande moderne exploite les propriétés électromagnétiques de la machine.
Comprendre Kostenko et Piotrovski peut donc fournir une base théorique solide avant d’aborder des thèmes plus récents comme la commande vectorielle, les variateurs de fréquence ou les stratégies modernes de contrôle des entraînements.
Pourquoi ce Tome II reste une référence documentaire intéressante
L’intérêt principal de Machines électriques – Tome II réside dans son traitement développé des machines alternatives.
Les informations bibliographiques disponibles confirment qu’il s’agit d’un ouvrage conséquent : l’édition française de 1979 compte 765 pages et appartient à la littérature technique publiée par les Éditions Mir. Maktabati
Pour le lecteur actuel, le meilleur usage n’est pas nécessairement de considérer chaque technologie présentée comme représentative des équipements industriels les plus récents. Il est plus pertinent d’utiliser le livre pour comprendre les fondements physiques et théoriques sur lesquels reposent encore les machines modernes.
Conclusion
Les machines électriques à courant alternatif sont au cœur de la conversion électromécanique de l’énergie. Leur compréhension passe par quelques concepts structurants : champ magnétique tournant, vitesse de synchronisme, induction, glissement, couple électromagnétique, stator, rotor et pertes.
Le Tome II : Machines à courant alternatif de Kostenko et Piotrovski rassemble ces notions dans un ouvrage consacré notamment aux machines synchrones et asynchrones. Malgré l’âge de cette édition, les principes fondamentaux qu’elle étudie restent directement utiles pour comprendre moteurs, alternateurs et systèmes électromécaniques.
Pour l’étudiant en génie électrique, l’intérêt est donc double : disposer d’une référence historique détaillée et consolider les bases nécessaires pour aborder ensuite les entraînements électriques et leurs systèmes modernes de commande.
6. Questions fréquentes
Que contient le Tome II de Machines électriques de Kostenko et Piotrovski ?
Le Tome II est consacré aux machines à courant alternatif. Les descriptions bibliographiques disponibles indiquent notamment des parties consacrées aux principes généraux, aux machines synchrones, aux machines asynchrones et aux machines à collecteur à courant alternatif. Mir Books
Quelle est la différence entre une machine synchrone et asynchrone ?
Dans une machine synchrone en régime établi, le rotor tourne à la vitesse correspondant au champ tournant. Dans une machine asynchrone fonctionnant en moteur, la vitesse du rotor diffère de la vitesse de synchronisme. Cette différence est caractérisée par le glissement.
Qu’est-ce que la vitesse de synchronisme ?
La vitesse de synchronisme correspond à la vitesse de rotation du champ magnétique tournant. Elle dépend de la fréquence électrique et du nombre de pôles de la machine.
Qu’est-ce que le glissement d’un moteur asynchrone ?
Le glissement exprime l’écart relatif entre la vitesse synchrone du champ tournant et la vitesse mécanique du rotor. Il constitue une grandeur essentielle pour analyser le fonctionnement d’une machine d’induction.
Qui sont les auteurs de Machines électriques Tome II ?
L’ouvrage est attribué à M. Kostenko et L. Piotrovski. Les catalogues universitaires consultés confirment ces deux auteurs pour l’édition française du Tome II. Maktabati
De quelle année date la troisième édition française ?
Les notices consultées donnent 1979 pour la troisième édition française publiée par les Éditions Mir à Moscou. Maktabati
Ce livre est-il encore utile pour étudier l’électrotechnique ?
Oui pour les principes fondamentaux : induction, champ tournant, machines synchrones et asynchrones, enroulements et conversion électromécanique restent des notions essentielles. Pour les technologies de commande, l’électronique de puissance et les normes actuelles, il convient de compléter sa lecture par des ressources contemporaines.

